Résumé livre Mollison permaculture
Livres

Le livre de base de la permaculture

Permaculture Tome 1 de Bill MOLLISON et David HOLMGREN

Le livre de Bill Mollison et de David Holmgren est le premier à parler de permaculture. Les auteurs y décriront les principes fondamentaux. Je vous résume ici les grandes idées de ce très bel ouvrage.

Vous trouverez, dans cet article, un résumé du livre et mon avis sur celui-ci.

Avec les différents résumés de ce blog, je veux aider ceux qui, comme moi, veulent s’autoformer (voir l’article sur l’autoformation en agriculture) avant de créer et d’améliorer continuellement leur micro-ferme. La liste complète des livres qui m’ont marqués se trouvent dans l’article « la liste ultime de livres pour réussir son projet agricole« . J’espère que ces résumés vous donneront envie de lire ces livres et de sélectionner ceux qui vous serviront le plus. Et une fois les avoir lu vous pourrez utilisés ces résumés comme aide-mémoires! Bonnes lectures!

Introduction

Les deux auteurs ont créé le mot permaculture pour désigner : « un système évolutif, intégré, d’auto-perpétuation d’espèces végétales et animales utiles à l’homme ». L’objectif est d’améliorer le système agricole actuel et de tendre vers un système peu consommateur d’énergie et très productif. Cette démarche est applicable dans n’importe quel contexte environnemental aussi bien rural qu’urbain.

L’objet du livre n’est pas de fournir un schéma fixe mais de donner les outils nécessaires à la conception et au développement de modèles appropriés et cohérents.

L’agriculture moderne mis fin à une agriculture complexe (en variété et technicité). Basée sur des apports importants de ressources énergétiques bon marché, le système industriel se concentre sur la production en masse de cultures annuels sans se soucier des impacts environnementaux. Malgré une productivité élevée principalement due à la chimie et à la mécanisation, son efficacité reste faible. En effet la quantité d’énergie extérieure utilisée est bien plus importante que les calories alimentaires produites. Les dommages sont réels : épuisement des sols, pollution, prolifération de souches d’insectes devenus résistantes et autre.

Cette crise environnementale à laquelle l’homme est confronté nécessite une restructuration de l’agriculture qui serait centrée sur une faible consommation d’énergie, une forte productivité et une durabilité.

Voici les caractéristiques fondamentales de la permaculture :

  • Possibilité de mise en valeur de la terre à petite échelle,
  • Utilisation du sol plus souvent intensif qu’extensif,
  • Diversité des espèces végétales, des variétés employées, de la production, du microclimat et de l’habitat,
  • Accent mis sur un processus évolutif s’étendant sur plusieurs générations,
  • Emploi d’espèces sauvages et peu sélectionnées (plantes et animaux) comme éléments du système,
  • Aménagement du terrain par le génie rural pour une intégration de l’agriculture, de l’élevage, de la gestion de la forêt existante et de la tonte des animaux,
  • La permaculture peut s’appliquer aux terre rocheuses, marécageuses, marginales, à fortes pentes, qui ne conviennent pas à d’autres systèmes.

Un système de permaculture est en perpétuel évolution. Il mène l’écosystème vers un état d’équilibre abouti appelé le climax. Cet état permet de prévenir les poussées d’épidémies parasitaires, complexifie le sol, réduit le ruissellement, le lessivage et l’érosion et enfin accroit considérablement la biodiversité. Un système comme celui-ci permet une diversité structurelle ce qui augmente les microclimats, les relations symbiotiques et plus globalement sa résilience.

La productivité d’un système de permaculture est plus élevée que celui en monoculture. Notamment du fait que par sa complexité, il utilise la totalité de l’énergie disponible et des éléments nutritifs présents. On peut noter la coexistence dans la diversité et non la concurrence.

Un système en permaculture est directement lié à une commercialisation locale. Il a pour idéal une autosuffisance régionale. C’est une des clés d’une faible consommation énergétique.

Contrairement aux idées reçues, l’agriculture moderne ne diminue pas la pénibilité de la vie urbaine ou rurale. Sa spécialisation en a fait un travail monotone et répétitif, le tout dans un contexte économique et sociétal le rendant dépendant de décisions extérieures. Un système en permaculture implique de l’observation et du contrôle. Sa mise en place nécessite beaucoup de main d’œuvre mais l’impact est considérable à long terme.

L’installation d’un tel système est long. Il consiste en une succession écologique où les éléments éphémères produisant rapidement sont remplacés par d’autres pour arriver à un état « climacique » de maturité. Cette mise en place peut être accélérée mais nécessite davantage de ressources (apports de mulch, bouturages, plantations, protections et arrosages).

Contrairement à un système d’autosuffisance en autarcie, la permaculture cherche à diminuer la dépendance aux énergies fossiles et aux systèmes industriels sans pour autant se couper de la société. Elle est basée sur la coopération communautaire à l’intérieur d’une zone limitée. Cela engendrera une forte croissance de petits commerces locaux très diversifiés.

Un système en permaculture fourni de nombreuses ressources :

  • Aliments : énergétiques et nutritifs,
  • Substances médicinales,
  • Fibres (pour fabriquer de la corde, ficelle, papier),
  • Produits animaux,
  • Bois,
  • Divers : savon, cires, caoutchouc, latex, lubrifiants, gommes, résines…

Ecosystèmes cultivés

L’observation des écosystèmes naturels est primordiale avant d’entreprendre la conception d’un système cultivé. Son étude peut s’avérer complexe et l’approfondissement de ce sujet dépasse le cadre de cet ouvrage.

La permaculture peut être implantée dans n’importe quel type de région. L’écosystème naturel dictera le genre de permaculture envisageable dans un territoire. La structure d’un système en permaculture est dominée par les arbres. Bien qu’ils ne soient pas plus importants que les autres éléments, ce sont eux qui déterminent la nature et les limites du systèmes. La lisière (interface entre deux écosystèmes) constitue un troisième écosystème complexe qui est le plus diversifié et le plus riche. Il est donc intéressant de chercher à augmenter le nombre et l’importance des lisières.

Comme indiqué précédemment, le temps de mise en place peut être très long. Mais il ne faut pas seulement considérer le produit fini. En effet, même si un système arrive à maturité en 200ans, les différentes successions culturales peuvent être exploitées. Il ne faut pas le considérer que pour sa finalité.

La lutte contre les nuisibles

Un nuisible ou fléau représente toutes les espèces gênants l’homme ou ses cultures. Une espèce devient un nuisible dans certaines situations particulières et lorsque sa population dépasse celle à l’équilibre. Elles le sont de deux principales manières :

  • Compétition avec les plantes pour la lumière (en consommant des nutriments et de l’eau),
  • Compétition avec l’homme pour un même produit (ex. le merle qui consomme des fruits).

Seule l’observation et la compréhension des processus naturels permet de prendre les bonnes dispositions. En effet, chaque espèce à son utilité et l’élimination de l’une aura des répercussions sur d’autres éléments du système. L’association de culture, la présence d’animaux prédateurs ou la lutte biologique intégrée permet de réguler les populations dérangeantes.

L’aménagement du site

« Un paysage équilibré, productif et foncièrement beau et harmonieux, est peut-être la plus haute valeur matérielle qu’une société puisse recevoir en héritage. »

Bill MOLLISON & David HOLMGREN

L’aménagement du site est complexe, les éléments fondamentaux sont les suivants :

  • Climat,
  • Configuration topographique,
  • Approvisionnement en eau,
  • Routes de desserte,
  • Ensembles végétaux,
  • Microclimat,
  • Bâtiments permanents,
  • Clôtures,
  • Sol.

« Chaque élément doit être apte, partout où c’est possible, à accomplir plus d’une fonction, et réciproquement, chaque fonction doit pouvoir être effectuée de plus d’une façon. »

Colin Moorcroft

L’aménagement du microclimat doit être orienté pour les objectifs suivants :

  • Augmenter le rayonnement disponible par les plantes,
  • Augmenter les températures moyennes de l’air, suppression des gelées et réduction des vents refroidissants,
  • Développer un microclimat plus modéré avec des plus faibles variations de températures et d’humidité et des vents amortis.

Le zonage (ou plan géométral de zone et de secteur) est fondamental dans la conception permaculturelle. Les zones représentent l’intensité d’utilisation et la fréquence d’accès nécessaire à une unité productive. Les secteurs sont déterminés suivant les facteurs soleil, vent et feu.

Les différentes zones peuvent être représentées par des cercles concentriques et sont nommées comme suit :

  • Zone 1 : entoure la maison d’habitation, contient les cultures intensives, serres…
  • Zone 2 (permaculture intensive) : plantations denses comprenant vergers et structures type terrasses, murs en pierre, étang, treillis… Cette zone contient également les petits élevages (pintades, poules…).
  • Zone 3 (permaculture rustique) : comprend la production principalement destinée aux animaux, les fruitiers à coques et l’élevage ovin par exemple.
  • Zone 4 : zone de sylviculture extensive et de pâturage.
  • Zone 5 : zone sauvage exclusivement dédiée à la cueillette, l’abattage de bois et la chasse.

Mise en œuvre de la permaculture

Le mise en œuvre d’un design passe par des observations, recherches et décisions sur les éléments suivants :

  • Plantes :
    • La sélection des espèces suivant les disponibilités matérielles, utilité, dimension du lieu, association des cultures, encombrement de la plante, rendement, caractère unique, contraintes climatiques et microclimatiques, temps d’entretien…
    • La propagation des plantes pour éviter de toutes les acheter
    • La plantation et l’entretien : la protection des arbres surtout lorsqu’ils sont jeunes, le mulching…
  • Structures (comme les murs, treillis), clôtures et structures végétales (comme les haies et brise-vent) sont indispensables pour créer des microclimats et accroitre la biodiversité du milieu
  • Sol : écosystème complexe, il faut perpétuellement chercher à l’améliorer par la plantation de nombreuses espèces pérennes, l’arrosage et le mulchage.
  • Champignons : ils sont présents naturellement dans tout système abouti. Ils ont de multiples utilités et ont la particularité de pousser dans des zones d’ombre qui ne réussissent pas aux plantes vertes.
  • Animaux : leur rôle est essentiel dans une approche globale comme le montre le schéma du livre suivant :

Évolution urbaine et retour à la terre

La population urbaine est sensiblement croissante. Les agglomérations qui ont subi ce processus d’urbanisation n’ont pas été prévues pour assurer l’alimentation d’une telle population. Le potentiel permaculturel en banlieue est une alternative viable. L’exode hors des villes a commencé dans les années 50 et s’accélère (en Australie). Ces personnes tournent le dos à un mode de vie conventionnel (privilégiant l’ambition et l’appropriation) pour aller vers une façon de vie fondée sur la coopération et l’accord. On peut noter une croissance du mouvement communautaire. Ces nouveaux ruraux sont alors confrontés aux divers problèmes liés au milieu rural (difficultés de scolarisation, éloignement aux magasins, règlements locaux…).

La permaculture en ville consiste à mettre en culture tous les espaces inutilisés. Cela permettrait de subvenir à une partie de ses besoins alimentaires à moindre frais et aurait une incidence directe sur les économies d’énergie.

Conclusion

Une société ne peut survivre que si elle a des valeurs, une direction et une éthique. En plus de répondre à cela, la permaculture met l’accent sur la coopération locale et globale.

« C’est de notre responsabilité envers les générations à venir que de ne pas laisser derrière nous un champ stérile ».

Bill Mollison & David Holmgren

Mon avis

Ce livre est à l’origine du terme « permaculture ». Il montre les prémices de ses applications au milieu agricole et identifie les possibilités d’une adaptation à la société. Bien écrit, il permet de s’initier à la permaculture et d’avoir les connaissances de base de cette démarche. Il contient également de nombreuses listes d’espèces intéressantes pour un tel système.

En revanche on peut reprocher les illustrations un peu dépassées et les différents tableaux listant les espèces végétales pas forcément pratiques à lire et à utiliser. Il ne permet pas en tant que tel de réellement démarrer un design en permaculture, il lui faudrait un ou plusieurs autres ouvrages pour compléter ses informations et dans l’idéal un ouvrage avec des espèces végétales proches de son contexte pédoclimatique (ici les espèces sont acclimatées à l’Australie).

Je le recommande tout de même puisqu’il est complet et facile à lire. Il abordera tous les points importants et vous permettra de prendre du recul sur les informations données dans d’autres livres plus orientés grand public qui peuvent s’égarer de l’état d’esprit initial.

Vous pouvez acheter ce livre sur Amazon avec le lien suivant : Permaculture Tome 1 de B. MOLLISON et D. HOLMGREN

Le tome 2 du livre Permaculture des mêmes auteurs est entièrement dédié au design d’un système en permaculture.

Bien que vous pouvez acheter ces livres avec les liens précédents, essayez de privilégier autant que possible les librairies locales et éthiques !

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